
Le tarif de sous-traitance d’un auto-entrepreneur se situe généralement entre 150 € et 600 € par jour, soit 20 € à 75 € de l’heure selon le secteur et le niveau d’expertise. Ce taux horaire doit couvrir vos charges, l’absence de congés payés et dégager un revenu net viable — sans quoi vous travaillez à perte dès le premier mois.
Imaginez : un donneur d’ordre vous contacte pour confier une mission de trois semaines. Vous êtes auto-entrepreneur, le contrat de traitance semble intéressant, mais vous ne savez pas quoi annoncer comme tarif. Trop bas, vous perdez de l’argent. Trop haut, vous perdez le contrat. C’est le dilemme classique du sous-traitant indépendant en 2026, dans un marché où les donneurs d’ordre comparent systématiquement plusieurs prestataires avant de signer.
Que vous soyez un entrepreneur qui veut sous-traiter une prestation à un micro-entrepreneur, ou un auto-entrepreneur qui fixe son tarif pour décrocher un contrat de sous-traitance, ce guide vous donne les méthodes concrètes pour calculer un taux juste, négocier sereinement et sécuriser la relation commerciale.
Comment calculer son taux horaire en sous-traitance auto-entrepreneur ?
Le calcul du taux horaire ne s’improvise pas. L’erreur la plus fréquente consiste à diviser le salaire net visé par le nombre d’heures travaillées — en oubliant les cotisations, les jours non facturables et la TVA. Un auto-entrepreneur sous-traitant doit intégrer plusieurs couches dans son tarif pour ne pas se retrouver dans le rouge au bout de quelques mois.
En 2026, le taux de cotisations sociales pour un auto-entrepreneur en prestations de services est de 21,1 % du chiffre d’affaires selon l’Urssaf. Autrement dit, sur 100 € facturés, environ 21 € partent en cotisations avant même de parler d’impôts. Ce chiffre est le point de départ obligatoire de tout calcul sérieux.
Pour connaître le nombre d’heures de travail dans un mois et baser votre tarif sur une réalité concrète, retenez que le plafond légal est de 151,67 heures mensuelles — mais un travailleur indépendant facture rarement plus de 100 à 120 heures productives, une fois déduites la prospection, la gestion administrative et les imprévus.
- Définissez votre revenu net mensuel cible — le montant que vous voulez recevoir sur votre compte après cotisations et impôts.
- Ajoutez 21,1 % de cotisations sociales sur votre chiffre d’affaires brut estimé.
- Prévoyez une marge pour les périodes creuses : congés, maladie, prospection. Comptez en moyenne 15 à 20 jours non facturables par mois sur l’année.
- Calculez le nombre d’heures réellement facturables sur le mois (généralement 80 à 120 heures selon le secteur).
- Divisez le chiffre d’affaires brut nécessaire par le nombre d’heures facturables : c’est votre taux horaire plancher.
- Ajoutez une marge commerciale de 10 à 30 % pour absorber les hausses de charges imprévues et négocier sans paniquer.
Exemple concret : vous visez 2 000 € nets par mois. En intégrant 21,1 % de cotisations et 20 jours non facturables, votre chiffre d’affaires mensuel doit avoisiner 3 200 €. Divisé par 100 heures facturables, cela donne un taux horaire minimum de 32 €. Ajoutez votre marge et vous annoncez 38 à 45 € de l’heure.
Taux horaire en sous-traitance : quelles fourchettes par secteur ?
Il n’existe pas de tarif universel en sous-traitance pour un auto-entrepreneur. Le secteur, la région, le niveau d’expérience et la complexité de la prestation font varier les prix du simple au triple. Voici les fourchettes observées en 2026 sur le marché français.
| Secteur | Taux horaire bas | Taux horaire haut | Journée (7h) |
|---|---|---|---|
| BTP / artisanat | 25 € | 55 € | 175 € – 385 € |
| Informatique / développement | 45 € | 100 € | 315 € – 700 € |
| Communication / rédaction | 30 € | 75 € | 210 € – 525 € |
| Nettoyage / entretien | 18 € | 35 € | 126 € – 245 € |
| Conseil / formation | 50 € | 150 € | 350 € – 1 050 € |
| Transport / logistique | 20 € | 40 € | 140 € – 280 € |
Ces fourchettes sont des repères de marché, non des obligations légales. Un auto-entrepreneur qui sous-traite pour un donneur d’ordre récurrent peut négocier un tarif plus bas en échange d’un volume de travail garanti — ce qui sécurise le chiffre d’affaires et réduit le coût commercial de prospection.

Prix HT ou TTC pour un auto-entrepreneur sous-traitant ?
La question revient systématiquement dans les contrats de traitance : le prix affiché est-il HT ou TTC ? La réponse dépend d’un seul critère : votre chiffre d’affaires annuel.
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous les seuils de franchise en base de TVA — 36 800 € pour les prestations de services en 2026 — vous ne collectez pas de TVA. Vos factures affichent un prix unique, à la fois HT et TTC. Vous devez simplement mentionner « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur chaque document adressé au donneur d’ordre.
Si vous dépassez ce seuil, vous devenez redevable de la TVA. Vos tarifs en sous-traitance doivent alors distinguer clairement le prix HT et la TVA à 20 %, ce qui peut surprendre une entreprise habituée à travailler avec des micro-entrepreneurs non assujettis. Pour justifier vos revenus en tant qu’auto-entrepreneur, une facturation correcte est une étape clé que les services fiscaux vérifient régulièrement.
Faire appel à un auto-entrepreneur pour sous-traiter : ce que le donneur d’ordre doit savoir
Du côté de l’entreprise qui confie la prestation, travailler avec un auto-entrepreneur sous-traitant présente des avantages réels : flexibilité, absence de charges patronales, tarifs souvent compétitifs. Le donneur d’ordre assume aussi des responsabilités légales, notamment en matière de déclaration dans certains secteurs réglementés comme le BTP ou le transport.
Le risque principal est la requalification en contrat de travail. Si l’auto-entrepreneur travaille exclusivement pour un seul client, respecte des horaires imposés et utilise son matériel, l’inspection du travail peut estimer que la relation relève du salariat déguisé. Le donneur d’ordre encourt alors le paiement des cotisations sociales non versées, avec majoration et redressement URSSAF à la clé.
- Diversifiez vos sous-traitants ou veillez à ce que l’auto-entrepreneur ait d’autres clients actifs.
- Évitez de fixer les horaires de travail de façon rigide dans le contrat de traitance.
- Laissez l’auto-entrepreneur libre de ses méthodes et de son organisation.
- Formalisez la relation par un contrat de prestation clair, axé sur des objectifs de résultat.

Je suis auto-entrepreneur et je veux sous-traiter : par où commencer ?
Un auto-entrepreneur peut lui-même sous-traiter une partie de ses missions à un autre micro-entrepreneur ou à une entreprise. C’est légalement possible, mais la vigilance s’impose sur le plan comptable et fiscal, en particulier autour du calcul du chiffre d’affaires.
La sous-traitance confiée à un tiers vient en déduction du chiffre d’affaires uniquement si vous refacturez cette prestation à votre client final sous forme de débours. Dans le cas contraire, votre chiffre d’affaires reste calculé sur la totalité de ce que vous facturez, sans déduction. C’est un point souvent mal compris qui entraîne un dépassement du plafond micro-entrepreneur. Pour les missions de ménage ou de services à domicile, si vous vous demandez comment fixer vos tarifs en auto-entrepreneur ménage Airbnb, la logique de taux horaire s’applique de la même manière : partez de votre coût réel, ajoutez une marge, et restez dans les fourchettes du marché local.
Rédiger un contrat de sous-traitance pour un auto-entrepreneur
Le contrat de traitance n’est pas obligatoire légalement pour les micro-entrepreneurs, mais il est indispensable en pratique. Sans document signé, le tarif, les délais et les conditions de paiement n’ont aucune valeur opposable en cas de litige avec le donneur d’ordre.
Un bon contrat de sous-traitance entre un donneur d’ordre et un auto-entrepreneur doit préciser au minimum :
- L’identité des deux parties avec le numéro SIRET obligatoire.
- La description précise de la prestation et des livrables attendus.
- Le tarif convenu (taux horaire ou forfait), les modalités de facturation et les délais de paiement.
- La durée du contrat et les conditions de résiliation.
- Une clause de confidentialité si la mission l’exige.
- La mention explicite que le sous-traitant est un travailleur indépendant, sans lien de subordination.
Dans le BTP, la loi du 31 décembre 1975 impose des règles spécifiques : acceptation du sous-traitant et agrément de ses conditions de paiement par le maître d’ouvrage. Ignorez cette obligation et votre contrat de traitance devient inopposable. C’est le type de détail qui transforme une bonne prestation en litige coûteux.

Modification du taux horaire en cours de mission : que faire ?
L’une des situations les plus délicates en sous-traitance est la modification du tarif en cours de contrat. Un donneur d’ordre peut prétendre avoir mal lu le devis, demander un geste commercial en cours de mission, ou l’auto-entrepreneur réalise qu’il a sous-estimé la complexité du travail confié.
En cas d’augmentation du taux horaire par erreur — vous avez envoyé un devis incorrect — vous ne pouvez pas imposer le nouveau tarif rétroactivement sur les heures déjà effectuées. Le prix figurant sur le devis accepté par le donneur d’ordre fait foi. Pour les heures à venir, un avenant au contrat de traitance signé par les deux parties permet de corriger la situation proprement, sans tension commerciale.
En cas d’absence prolongée — maladie, congé — le contrat de sous-traitance s’arrête généralement faute de livrable. Contrairement à un salarié, l’auto-entrepreneur n’a pas de maintien de salaire garanti. C’est pourquoi la négociation d’un tarif horaire qui intègre ces risques dès le départ n’est pas une option : c’est une nécessité absolue pour la viabilité de toute activité de prestation indépendante.
Questions fréquentes
Quel prix prendre en sous-traitance ?
Le tarif en sous-traitance dépend de votre secteur, de votre niveau d’expérience et de vos charges réelles. Partez de votre revenu net visé, ajoutez 21,1 % de cotisations sociales, prévoyez 15 à 20 jours non facturables par mois, puis divisez par le nombre d’heures réellement facturables. Ce résultat est votre tarif plancher. Ajoutez ensuite une marge commerciale de 10 à 30 % pour disposer d’une capacité de négociation sans fragiliser votre activité.
Quel est le prix de l’heure pour un travail en auto-entrepreneur ?
Il n’existe pas de tarif horaire légal imposé à un auto-entrepreneur. En 2026, les taux pratiqués vont de 18 € de l’heure pour des prestations peu qualifiées (ménage, livraison) à plus de 150 € pour du conseil ou de l’expertise informatique. La moyenne tous secteurs confondus se situe autour de 35 à 50 € de l’heure pour un auto-entrepreneur expérimenté en prestation de services.
Comment facturer sous-traitance auto-entrepreneur ?
Émettez une facture au nom de votre entreprise individuelle avec votre numéro SIRET, la description de la prestation, le tarif unitaire (taux horaire ou forfait), le total et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si vous êtes en franchise. Le délai de paiement légal est de 30 jours à compter de la réception de la facture, sauf accord contractuel différent entre le donneur d’ordre et vous. Conservez une copie de chaque facture pendant 10 ans.
Quel tarif appliquer en tant qu’auto-entrepreneur ?
Comparez d’abord les prix pratiqués dans votre secteur et votre région. Calculez ensuite votre taux horaire plancher à partir de vos charges réelles et de votre revenu net cible. Ne bradez jamais votre tarif en dessous de ce plancher : travailler à perte fragilise votre activité et envoie un signal négatif aux donneurs d’ordre. Un tarif trop bas questionne le sérieux du sous-traitant autant qu’un tarif trop élevé, et ruine toute chance de relation commerciale durable.



