
En bref
- Les professions libérales regroupent toutes les activités intellectuelles exercées de façon indépendante.
- En France, plus de 700 000 professionnels libéraux exercent en 2026, dont une majorité dans la santé.
- Les professions libérales réglementées imposent un diplôme et une inscription obligatoire à un ordre.
- Vérifiez si votre activité est réglementée avant de vous installer pour éviter des erreurs de statut.
La liste des professions libérales regroupe en France plus de 700 000 professionnels indépendants, répartis entre activités réglementées et non réglementées. Une profession libérale, c’est l’exercice à titre habituel et indépendant d’une activité intellectuelle, technique ou de soin, sans lien de subordination avec un employeur. Deux grandes catégories structurent ce secteur : les professions libérales réglementées, encadrées par des textes de loi et des ordres professionnels, et les professions libérales non réglementées, beaucoup plus ouvertes.
Professions libérales réglementées et non réglementées : quelle différence ?
Une profession libérale réglementée suppose de remplir des conditions strictes d’accès : diplôme reconnu par l’État, inscription à un ordre ou une chambre professionnelle, et parfois une autorisation d’exercice délivrée par les pouvoirs publics. Les professions libérales non réglementées, elles, n’imposent aucune condition d’entrée légale, même si certaines exigent des compétences pointues dans les faits.
Cette distinction a des conséquences concrètes : les professionnels des professions libérales réglementées sont soumis à des règles déontologiques spécifiques, à une discipline ordinale, et parfois à des tarifs encadrés. C’est le cas du médecin, de l’avocat ou de l’architecte. Pour les activités libérales non réglementées — comme le consultant ou le coach —, la liberté tarifaire est totale.
En 2026, les professions libérales relèvent pour la plupart du régime de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), à l’exception de certaines professions réglementées qui disposent de caisses de retraite autonomes. Comprendre dans quelle catégorie tombe votre activité est la première étape avant toute démarche d’installation.
La liste des professions libérales réglementées de santé
Les professions de santé constituent le cœur historique des professions libérales réglementées. Leur exercice est encadré par le Code de la santé publique et nécessite impérativement une inscription au Conseil national de l’ordre compétent. Un professionnel de santé qui exercerait sans cette inscription s’exposerait à des sanctions pénales.
Voici la liste des professions libérales de santé réglementées :
- Médecin (généraliste ou spécialiste)
- Chirurgien-dentiste
- Pharmacien
- Infirmier
- Masseur-kinésithérapeute
- Pédicure-podologue
- Orthophoniste
- Orthoptiste
- Sage-femme
- Diététicien
- Ergothérapeute
- Psychomotricien
- Audioprothésiste
- Opticien-lunetier
- Ostéopathe et chiropracteur (réglementation spécifique)
Ces professionnels libéraux de santé exercent souvent en cabinet individuel ou en groupe, et optent pour différentes structures juridiques (SCP, SEL, SELARL…). Leur retraite est gérée par des caisses autonomes — la CARMF pour les médecins, la CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux — et non par le régime général.
Le chiffre à retenir
En 2026, on compte plus de 230 000 médecins libéraux en France, dont environ 60 % exercent exclusivement en secteur libéral. Ce chiffre illustre le poids économique et social des professions de santé dans l’ensemble des professions libérales réglementées.
Les professions libérales réglementées du droit et du conseil
Le secteur juridique et du conseil regroupe des professions libérales parmi les plus emblématiques. L’accès à ces métiers exige plusieurs années de formation universitaire, un stage et la réussite à un examen d’aptitude ou à un concours spécifique. L’inscription à un barreau ou à une chambre professionnelle est obligatoire avant tout exercice.
Les principales professions libérales réglementées du droit et du conseil sont :
- Avocat
- Notaire
- Commissaire de justice (anciennement huissier de justice)
- Expert-comptable
- Commissaire aux comptes
- Administrateur judiciaire
- Mandataire judiciaire
- Conseil en propriété industrielle
- Greffier de tribunal de commerce
Pour un expert-comptable ou un avocat, la valeur du cabinet repose souvent sur un portefeuille client fidèle et une expertise reconnue. Si vous envisagez de structurer votre offre de services libéraux, travailler sur votre proposition de valeur est une étape clé pour vous distinguer sur un marché concurrentiel.
Les autres professions libérales réglementées
En dehors de la santé et du droit, d’autres professions libérales réglementées couvrent les domaines technique, scientifique et du cadre de vie. Leur point commun : un diplôme et une inscription auprès d’un ordre professionnel ou d’une structure de représentation reconnue par l’État sont exigés avant toute installation.
- Architecte (inscription à l’Ordre des architectes obligatoire)
- Géomètre-expert
- Vétérinaire
- Psychologue (titre réglementé depuis 1985)
- Guide de haute montagne
- Agent général d’assurance
- Courtier en assurance et en crédit
Le vétérinaire libéral, par exemple, relève de l’Ordre national des vétérinaires et exerce souvent en clinique privée, avec des revenus très variables selon la spécialité (canine, équine, rurale). Le psychologue, lui, bénéficie d’un titre protégé, même si la profession ne dispose pas d’un ordre professionnel à proprement parler.
Ces professions libérales réglementées techniques jouent un rôle central dans l’économie locale. L’architecte ou le géomètre-expert accompagne des projets qui engagent la responsabilité civile professionnelle sur le long terme, ce qui impose des assurances spécifiques et coûteuses.
Astuce pratique
Avant de vous lancer dans une profession libérale réglementée, vérifiez si votre diplôme étranger est reconnu en France : la procédure de reconnaissance conditionne votre autorisation d’exercice et peut prendre plusieurs mois.

Les professions libérales non réglementées : qui est concerné ?
Les professions libérales non réglementées forment une catégorie très large et en pleine expansion. Aucun diplôme ni aucune inscription n’est exigé par la loi pour les exercer, même si les clients attendent naturellement des compétences solides. On les retrouve dans des domaines aussi variés que le conseil, la communication, l’informatique ou la formation.
Parmi les professions libérales non réglementées les plus répandues en 2026 :
- Consultant en management, stratégie ou ressources humaines
- Formateur indépendant
- Coach professionnel ou de vie
- Graphiste, designer
- Développeur web freelance
- Rédacteur ou journaliste indépendant
- Photographe professionnel
- Traducteur-interprète
- Naturopathe, sophrologue (sans réglementation stricte)
- Sportif professionnel indépendant ou agent sportif
Ces professions libérales non réglementées relèvent du régime de la Sécurité sociale des indépendants depuis la fusion des régimes en 2018. Elles s’exercent en micro-entreprise, en entreprise individuelle ou en société. Pour bien choisir votre structure, réfléchir à votre modèle économique dès le départ évite des erreurs coûteuses.
Quel statut et quelles cotisations pour les professions libérales ?
Le régime social des professions libérales dépend de leur nature réglementée ou non. Les professions libérales réglementées de santé cotisent auprès de caisses autonomes pour leur retraite, tout en étant affiliées à la SSI pour les autres risques. Les professions libérales non réglementées, elles, dépendent entièrement de la SSI.
En matière de cotisations, le taux global pour un professionnel libéral classique tourne autour de 40 à 45 % du revenu net. Cette pression sociale élevée est souvent compensée par une liberté tarifaire totale et l’absence de plafond de revenus imposé par un employeur. Les professions libérales réglementées bénéficient parfois de dispositifs spécifiques liés à leur caisse.
La fiscalité varie également : les professions libérales relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC), en régime spécial ou réel selon leur chiffre d’affaires. Ce point est fondamental lors du choix du statut juridique, notamment entre l’entreprise individuelle, la SASU ou la SELARL pour les professions réglementées.
Questions fréquentes
Quelles sont les professions dites libérales ?
Les professions libérales désignent des activités exercées de façon indépendante dans un domaine intellectuel, technique, scientifique ou de soin. Elles se divisent en deux groupes : les professions libérales réglementées (médecin, avocat, architecte…) qui nécessitent un diplôme et une inscription officielle, et les professions libérales non réglementées (consultant, coach, graphiste…) qui sont libres d’accès.
Quelle est la différence entre un travailleur indépendant et une profession libérale ?
Un travailleur indépendant est un terme générique qui englobe les artisans, commerçants et professions libérales. Une profession libérale est donc un sous-ensemble des travailleurs indépendants, caractérisée par une activité intellectuelle ou de conseil sans acte de commerce au sens strict. Un plombier indépendant est un artisan, pas un libéral ; un kinésithérapeute ou un consultant sont des professionnels libéraux.
Comment savoir si mon activité est libérale ?
Une activité est libérale si elle présente un caractère intellectuel ou technique prédominant, s’exerce de manière indépendante et ne consiste pas principalement en des actes de commerce ou de production artisanale. En cas de doute, l’URSSAF et la chambre des métiers de votre région orientent les porteurs de projet. Certaines activités mixtes peuvent relever partiellement du régime libéral selon la part intellectuelle du travail.
Quelles sont les professions libérales de santé ?
Les professions libérales de santé réglementées comprennent notamment les médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, orthophonistes, pédicures-podologues, diététiciens et opticiens-lunetiers. Ces professionnels exercent sous contrôle d’un ordre et sont soumis à des règles déontologiques strictes. Ils cotisent à des caisses de retraite spécifiques, distinctes du régime général.



